• Alex Thomas

Vendôme - Luxembourg

Être stagiaire dans un label c’est cool. Tu vas en festival, tu vas en backstage, tu rencontres des groupes, tu bois quelques bières... Et puis tu rapatries une voiture volée de Paris à Thionville.


Pour remettre dans le contexte, j’accompagne The Brums pendant deux jours au festival des Rockomotives à Vendôme. Je dois filmer et prendre des photos du groupe pour documenter une partie de leur tournée.


Le premier soir, Bothlane met le feu. Le batteur de The Brums rattrape largement une programmation contestable et la soirée se termine en beauté au camping.

Le lendemain, je suis le groupe toute la journée. Je filme le soundcheck, les interviews, le catering, les backstage et évidemment le concert. Même scénario, concert de folie et fête au camping. J’ai fait des super rencontres, vu des concerts incroyables, retrouvé les bonnes vieilles soirées camping et je me suis fait une riche expérience. Mais à un moment, il faut rentrer… Et c’est là que ça se complique.


C’est donc avec le fameux blues de la fin de festival, une petite gueule de bois et une agréable pluie que commence mon périple. Je dois me rendre jusqu’à la gare de Vendôme, prendre un train pour Paris et un Blablacar jusqu’à Luxembourg-Ville.


C’est en allant jusqu'à la première étape que je me rends compte que le réseau de bus belge n’a rien à envier au réseau français. Le bus vers la gare ne passera jamais. Pas grave, j’irai à pied. Ha.. C’est à une heure et demie de marche dont la moitié le long d’une nationale sans trottoir et mon train (qui a coûté 80€) passe dans 1 heure.

Contre toute attente, je suis pris en stop en moins de 10 minutes. Je prends mon train, j’arrive à Paris, tout va bien dans le meilleur des mondes.


Je me dirige vers le lieu de rendez-vous blablacar où je dois rejoindre le chauffeur (qu’on va appeler Hector) et deux autres passagers (Nadine et Henri). Les 10 minutes de retard se transforment vite en 1h. Ce n’est pas très grave. Finalement, la pluie est légère et ma gueule de bois se dissipe peu à peu.


Un type arrive en marchant, ouvre la porte de la voiture devant moi et me demande si je suis bien Alex, le premier passager. Il m’informe sereinement que je vais devoir conduire car il a perdu son permis de conduire sur le chemin. Je refuse assez vite de prendre cette responsabilité et il faudra donc négocier avec les autres passagers qui, pour une raison inconnue, ont reçu une adresse de rendez-vous différente. Après 30 minutes d’attente puis 30 minutes de négociation, c’est Henri qui accepte de prendre le volant de la Renault Clio. Ni Nadine, ni Henri, ni moi n'avons un bon feeling. Chacun sait que quelque chose ne va pas avec Hector mais nous sommes trois, il est seul. Et surtout.. Nous avons tous les trois besoin de rentrer et le train, c’est cher..



Mis à part le fait que Hector, le chauffeur initial (devenu passager) est constamment au téléphone à parler une langue que nous ne comprenons pas, fume tranquillement et surtout, est désagréable avec nous, la sortie de Paris se passe plutôt bien. Une bonne chose de faite et, je l’avoue, un stress en moins.


Arrivés au péage, c’est aux passagers de payer. Même problème pour faire le plein, c’est à nouveau Henri, chauffeur de substitution, qui se dévoue et avance l’argent.


Alors que ça fait maintenant 15 minutes qu’on attend Hector qui fume clope sur clope au téléphone, Henri, Nadine et moi commençons réellement à perdre notre calme. Quelque chose cloche. C’est alors que Hector nous apprend qu’on va faire un détour par Thionville pour changer de voiture. Certains comprendront l’appréhension considérant la réputation contestable de la ville. Ça commence à faire beaucoup..


À la sortie de l'autoroute, Hector exige d’Henri d’aller dans la direction opposée du panneau indiquant la fameuse bourgade de Thionville. Il fait désormais nuit, on prend des petites routes de campagne pendant 20 bonnes minutes et les yeux rivés sur Google Maps, je comprends que la Clio ne se rapprochera pas de Thionville. Personne ne parle, Hector dicte la route à Henri. La tension est palpable. Je sens Henri très énervé mais il garde la tête froide. Je sens Nadine tremblante mais elle ne dit rien. Sans savoir quoi, j’ai la quasi certitude que quelque chose va arriver. Nous nous garons dans un petit village. Après quelques minutes d'attente, le frère d’Hector arrive accompagné d’un ami dans une grosse Audi grise.


Bon.. La fin de l’histoire est un peu décevante même si j’avoue qu’elle m’arrange. C’est son frère et un de ses amis qui nous conduiront à bon port dans notre nouveau bolide. Sains et saufs. Voiture volée ? Drogue cachée ? Cadavre dissimulé ? Je ne saurai jamais si je suis simplement parano mais je me souviendrai de cette Renault Clio.





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